Pupilles de l'Assistance, Destins croisés de pupilles de l'Assistance publique des Côtes-du-Nord (1871-1914)
EAN13
9782753521995
ISBN
978-2-7535-2199-5
Éditeur
Presses universitaires de Rennes
Date de publication
Collection
Histoire
Nombre de pages
224
Dimensions
24 x 24 x 1,3 cm
Poids
354 g
Langue
français
Code dewey
362.73094409
Fiches UNIMARC
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Pupilles de l'Assistance

Destins croisés de pupilles de l'Assistance publique des Côtes-du-Nord (1871-1914)

De

Presses universitaires de Rennes

Histoire

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L es 438 livrets individuels des pupilles conservés aux archives départementales des Côtes-d'Armor mettent en lumière la destinée de ces enfants malmenés par la vie. La plupart s'intègrent parfaitement à la société rurale environnante, demeurant domestiques de ferme. Ils s'organisent une vie morose, conforme au modèle inculqué par l'Assistance publique et qu'ils connaissent depuis leur plus jeune âge, sans espoir d'un avenir meilleur. En l'absence de soutien familial, de patrimoine et de diplômes, leur enfance marginalisée les écarte de toute ambition sociale et les cantonne à une vie modeste. À l'évidence, l'Inspection les engage dans cette voie, répondant aux impératifs économiques, dans une vision peu progressiste. En même temps pèse sur une partie d'entre eux le poids du secret de leurs origines et son traumatisme irrésolu qui perdure et s'enracine au fil du temps, corrélé à toute une conjonction de considérations psychologiques, aussi longtemps que l'abandon demeure un drame « impensé ». Autant dire qu'ils n'ont aucune chance de se sentir pleinement heureux. Néanmoins, à la fin du xixe siècle, les pupilles acceptent de moins en moins l'injustice, la violence subie ou l'humiliation. Placés face à l'iniquité dans leur vie quotidienne, une partie utilisent le langage pour évacuer les querelles, usent de stratagèmes, entre espiègleries et délits et, en dernier ressort, commettent des actes malveillants, signe d'une colère à expurger. Punis par un internement dans une colonie agricole pour les garçons et dans une maison de correction pour les filles, la grande majorité se plie, à sa sortie, aux exigences de l'institution, affichant un repentir plus ou moins spontané. D'autres choisissent de quitter subitement l'Assistance publique, exprimant de cette manière radicale un mal-être profond, qu'ils ne sont pas en mesure d'identifier eux-mêmes. De son côté, pour d'évidentes raisons de prestige, l'Assistance publique est soucieuse de réfuter l'idée selon laquelle les enfants abandonnés sont prédestinés à une vie d'exclusion. Au contraire, elle met en avant ses réussites et reporte le faible pourcentage d'échecs sur les origines des enfants dont elle assure l'éducation. Ainsi, par le prisme du devenir des pupilles de l'Assistance publique avant la Première Guerre mondiale, émerge toute une panoplie des malheurs de l'adolescence. Adolescences chaotiques qui oscillent entre soumission et arrogance, espoir et désillusions, volonté de s'intégrer à la société environnante et sentiment d'être, malgré eux, constamment différents. Adolescences trop souvent bafouées et histoires tristement plurielles.
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