Sherlock / Le banquier aveugle, Le banquier aveugle

Sherlock / Le banquier aveugle

Le banquier aveugle
Illustrations de Jay
Scénario de Mark Gatiss, Steven Moffat
cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander 12,60 €
mercredi 12 février 2020 3 étoiles

Rien de tel qu'une enquête à mener pour tirer Sherlock de son ennui. Et le salut vient d'un de ses amis, un banquier qui lui demande de faire la lumière sur une étrange intrusion dans sa banque. De bureaux ont été visité par un mystérieux cambrioleur qui n'a rien emporté mais a laissé en guise de signature un graffiti sur le mur. Très vite, Sherlock soupçonne que ce message s'adresse à un employé, le sieur van Coon. Mais il ne sera d'aucune aide puisqu'on le retrouve assassiné dans son appartement. Et ce n'est que le début d'une série de meurtres avec toujours un graffiti, en chinois et un lotus noir en origami. Lancés sur la piste d'une mafia chinoise, Sherlock et Holmes frôle le danger pour arrêter le massacre.

Mafia chinoise, trafic d'oeuvres d'art et tueur insaisissable, les deux amis ont fort à faire dans cette deuxième enquête qui encore une fois suit très fidèlement l'épisode de la BBC. Pour les fans, c'est un plaisir, pour ceux qui ne connaissent pas c'est une bonne introduction au travail de Moffat et Gatiss qui ont réussi à renouveler les personnages de Conan Doyle en les transposant dans le XXIè siècle avec maestria, aidés en cela par le charisme de Benedict Cumberbatch et et travail, plus en retrait mais tout aussi performant, de Martin Freeman.
Si le manga est dispensable, la série vaut le détour.


Meurtres à la cour du prince Genji, roman policier

Meurtres à la cour du prince Genji

roman policier
De Seio Nagao
Traduit par Karine Chesneau
Indisponible sur notre site Indisponible sur notre site
mardi 11 février 2020 5 étoiles

Fruit des amours passionnées de l'Empereur et de sa Favorite, la Dame du clos au pawlonia, le prince Genji a grandi loin des intrigues de la cour et privé de sa mère, morte dans d'atroces souffrances, empoisonnée par Dame Kokiden qui craignait que son fils ne soit évincé de la succession au trône. Dévasté par la perte de la femme aimée et décidé à protéger son fils, l'Empereur s'est résolu à faire de la dame l'Epouse impériale et de Suzaku son héritier. Depuis, le pays est dirigé par son beau-père, le Ministre de Droite qui a si bien manoeuvré que son éternel rival, le Ministre de gauche, n'est plus qu'un pauvre hère sans pouvoir de décision.
Surnommé le Prince Radieux tant sa beauté est grande, Genji est devenu un adulte sûr de lui, aimé de tous et surtout des femmes, très sensibles à son charme naturel. Peu soucieux de politique, le jeune homme ne pense qu'aux plaisirs, aux arts martiaux, aux femmes. C'est aussi le cas de son beau-frère et néanmoins meilleur ami, Chûjô qui, au grand dam de son père le Ministre de Gauche, ne s'intéresse ni aux intrigues, ni aux jeux de pouvoir. Pourtant, l'insouciance des deux amis va être bousculées lorsqu'autour de Genji les cadavres semblent s'accumuler. Chûjô se lance dans l'enquête, aidé par Shibuku Murasaki, une suivante du palais secrètement amoureuse Genji depuis l'enfance. Victimes de la magie, d'un sort ou d'un esprit mauvais ou morts de la main d'un être de chair et de sang ? Les deux enquêteurs amateurs devront affronter bien des périls et des énigmes pour faire la lumière sur cette terrible affaire.

Pour, peut-être, rendre plus accessible le Dit du Genji de Shibuku Murasaki, monument de la littérature japonaise, Seio Nagano s'est amusé à le transformer en une passionnante enquête policière.
Nous voilà donc dans le Japon du XIè siécle, à Kyoto, dans l'intimité de la cour impériale. Ici tout n'est que calme, luxe et volupté. On y croise les favorites de l'empereur aux noms aussi poétiques que la princesse des glycines ou la dame du clos au pawlonia. Mais il ne faut pas se laisser abuser par les manières policées, la délicatesse des soieries et la beauté des lieux. Au palais règnent aussi la jalousie, la colère et la haine. Le pouvoir est un puissant moteur pour certains qui n'hésitent pas à intriguer, comploter et parfois occire un rival gênant. Quand survient une série de meurtres, on s'affole et on attribue les crimes aux esprits malfaisants, même si l'on sait qu'un certain aveugle, chassé de la cour, est capable de fabriquer des poisons mortels. Au cœur des intrigues, Genji, le Prince Radieux. Est-il victime d'une vengeance ? Ou se venge-t-il lui-même de la mort de la mère qu'il a si peu connue ? Idée originale, c'est à Shibuku Murakasi que l'auteur confie l'enquête. Connue pour sa grande culture et son esprit brillant, elle devient tout naturellement celle qui veut faire la lumière sur les meurtres qui entourent celui qu'elle aime en secret, bien consciente que son physique ingrat ne sera jamais à la hauteur de la beauté du Prince Radieux.
Pour se familiariser avec les personnages, le contexte et les mœurs de l'époque, avant de s'attaquer au Dit, ces meurtres à la cour du Prince Genji sont une formidable entrée en matière. Une manière originale d'aborder ce classique tout en se divertissant. Enorme coup de cœur !


Image manquante

Quand le ciel pleut d'indifference

Shiga Izumi
cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander 14,00 €
mardi 11 février 2020 5 étoiles

C'était une petite ville paisible, baignée par l'océan pacifique, au nord du Japon, tout près de Fukushima. Yôhei l'avait quittée pour vivre et travailler à Tokyo mais depuis deux ans il était revenu sur ses terres natales pour prendre soin de sa mère malade. Il servait dans un bar avec le projet de se faire embaucher par la centrale nucléaire, une fois sa mère décédée.
Et puis...la terre a tremblé, le tsunami a déferlé, le réacteur numéro un de la centrale a explosé. Depuis Yôhei est seul dans sa ville. Il a bien essayé de fuir lui aussi, mais cela aurait condamné sa mère à mort. Alors il est resté. Seul avec les chats et les chiens errants abandonnés par leurs propriétaires, seul avec ses souvenirs. La visite d'une maison désertée par ses occupants réveille en lui un secret enfoui depuis trente ans. Dans le jardin, une volière, dans la volière, un chien affamé et Yôhei se revoit enfant devant la même volière et le magnifique paon qui y vivait, devant la même maison et la jolie fille qui y vivait...

Roman du drame, de la survie, de la solitude, de la nostalgie, Quand le ciel pleut d'indifférence est aussi, malgré les évènements, malgré la dévastation, le roman de l'espoir. Alors que tout est détruit alentour, que le paysage n'est plus le même, que s'accumule les vestiges d'un monde qui n'existe plus, les narcisses fleurissent de plus belle, les chevaux s'ébattent en liberté, les oiseaux pépient. Alors qu'il n'y a plus âme qui vive dans la ville, une femme arpente les rues à la recherche des chats abandonnés qu'elle s'est donné pour mission de sauver. Pour l'homme seul, c'est une rencontre, l'esquisse d'un rapprochement, la promesse d'un avenir.
Beaucoup de délicatesse, de sensibilité et d'émotions dans ce roman post-Fukushima qui évoque la catastrophe sans colère mais dénonce tout de même la présomption et l'inconscience des hommes qui ont cru pouvoir dompter la nature et maîtriser le nucléaire et n'ont récolté que la désolation et la destruction.
Un livre sur la vie, sur la mort, sur l'impermanence des choses.


Les doigts rouges

Les doigts rouges

Higashino, Keigo
cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander 7,80 €
mardi 11 février 2020 5 étoiles

Avec une femme autoritaire, un fils accro aux jeux vidéo et une mère atteinte de démence sénile, le foyer d'Akio Maehara n'est pas exactement le havre de paix que tout salaryman est en droit d'espérant en quittant son travail. Aussi l'homme a tendance à s'attarder au bureau et à terminer sa journée dans un bar avant d'affronter le pénible retour à la maison. Pourtant, quand un soir, son épouse l'appelle presqu'en larmes pour lui demander de rentrer le plus vite possible, Akio s'exécute, inquiet de cette attitude inhabituelle. Chez lui, il découvre, horrifié, le cadavre d'une petite fille dans son jardin. Alors qu'il veut appeler la police, sa femme l'en empêche, prête à tout pour protéger le meurtrier qui n'est autre que leur fils. Convaincu par ses arguments, il se débarrasse du corps et élabore un plan pour tromper la police. Mais l'inspecteur Kyôchirô Kaga n'est pas homme à s'en laisser conter. Doté d'un flair infaillible et d'un sens inné de l'observation, il focalise son enquête sur la famille Maehara, sous l'oeil admiratif de son cousin, nouvelle recrue de la police métropolitaine de Tokyo. Les deux hommes ne sont pas proches et si Matsumiya reconnaît les qualités de policier de son cousin, il ne peut s'empêcher de lui en vouloir de ne pas rendre visite à son père qui se meurt seul dans un hôpital.

Plutôt habitué aux pavés, Keigo Higashino est ici plus concentré. Plus concentré sur le sujet central de son polar : la famille japonaise et sa déliquescence.
L'enfant-roi n'a aucun sens des responsabilités et se décharge entièrement sur ses parents qui doivent gérer ses erreurs. Lui, passe son temps devant un écran et ne communique que pour réclamer à manger. Habitué à recevoir sans jamais donner, à voir ses moindres désirs comblés, il se met en rage à la moindre contrariété et ne connaît ni la gratitude ni le respect. La mère ne vit que pour son enfant, le couve, le protège, devance ses désirs, excuse ses faux pas. Le père est tout juste bon à faire bouillir la marmite. Il ne prend aucune décision, s'efface derrière le caractère affirmé de sa femme. Quant à sa propre mère, elle n'est qu'un fardeau. Le modèle qui voulait que les enfants s'occupent de leurs parents avec déférence est piétiné par l'envie d'être libre, de vivre sa vie sans s'encombrer d'un parent vieillissant et source potentielle de conflits dans le couple. On frémit d'horreur en côtoyant cette famille qui perd tout sens des valeurs, confrontés à un fils qu'ils aiment mais qu'ils ont fini par craindre. Leur plan pour le sauver est mis à mal par un policier suffisamment expérimenté et observateur pour voir derrière les apparences, débusquer les petits secrets et décortiquer la psychologie de ses suspects.
S'il n'y aucun suspense, aucune effusion de sang ou course poursuite haletante, la tension est bel et bien palpable tout au long de ce roman qui comme tous les précédents est complexe, passionnant et donne à réfléchir. Chez Hishigano, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc. Et c'est le cas ici aussi. Car même si les Maehara semblent odieux de prime abord, ils n'en sont pas moins humains, partagés entre dégoût et amour, et on s'attriste de les voir se débattre dans leurs mensonges, leurs vaines tentatives pour sauver les apparences, leur désir viscéral de protéger leur fils et son avenir. Alors odieux oui, mais jusqu'où est-on prêt à aller pour sauver la chair de sa chair ? A méditer.


Un père idéal

Un père idéal

De Paul Cleave
cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander cet ouvrage n'est pas en stock, pour l'instant il n'est pas possible de le commander 7,60 €
vendredi 31 janvier 2020 5 étoiles

Bon sang ne saurait mentir, dit-on. Mais qu'en est-il quand c'est le sang vicié d'un tueur en série qui coule dans vos veines ? Peut-on échapper au sceau de l'hérédité ? Ce genre de questions, Edward Hunter se les ai posées toute sa vie, depuis que son père a été arrêté par la police devant ses yeux alors qu'il avait neuf ans. Car sous les airs de bon père de famille et de mari modèle de Jack Hunter se cachait un tueur de prostituées sanguinaire. Cette arrestation a signé la fin de la famille d'Edward, sa mère s'est noyée dans l'alcool et a fini par se suicider, sa sœur s'est droguée, prostituée, pour terminer sa courte vie d'une overdose. Marqué mais pas abattu, Edward a su se construire une vie heureuse auprès de sa femme Jodie et de leur adorable petite fille Sam. Mais un jour, sa vie bascule. Le couple souhaitant acheter une maison plus grande, Edward et Jodie se rendent à un rendez-vous à la banque et, alors qu'ils patientent, des braqueurs investissent les lieux. Par un malheureux concours de circonstances, ils entraînent Jodie avec eux et l'abattent avant de prendre la fuite. Le monde d'Edward s'écroule et, tandis que l'enquête policière piétine, il décide de prendre les choses en main et d'aller voir son père en prison. Pour le fils de Jack Hunter, il est temps de laisser parler le sang de tueur qui coule dans ses veines...

Rythme haletant, suspense soutenu, humour caustique et moments d'émotions...Paul Cleave réussit avec son père modèle à surpasser son déjà très bon employé modèle. Ici le thriller devient psychologique en abordant les thèmes de l'inné et l'acquis, le poids de l'hérédité et la transmission.
Dans l'atmosphère étouffante de l'été néo-zélandais, le sympathique Edward Hunter, comptable effacé mais mari et père comblé, va se transformer en ange de la vengeance, conseillé par son serial killer de père et porté par une légitime colère et une pointe de culpabilité. Mais semer la mort est un métier qui ne s'improvise pas et Edward enchaîne maladresses et erreurs, provoquant une hécatombe et faisant des choix qui pourraient bien se retourner contre lui. Surveillé par la police qui voit en lui le digne fils de son père, le veuf inconsolable va faire couler le sang dans les rues de Christchurch.
Un véritable page-turner plein de rebondissements qui pourrait bien finir sur grand écran...si Tarentino se penchait sur la question. A dévorer sans modération.